Guionnet Jean-Luc # distances ouïes dites # for several instruments 04 Jan 2017

 

 

DISTANCES OUÏES DITES (partition en libre accès / free score)

Jean-Luc Guionnet – 2013 – pour Dedalus

Rien n’est drôle, rien n’est ludique, rien n’est triste dans cette composition ; elle a à voir avec une informatique intérieure, une informatique de soi- même. Si l’interprétation peut prendre parfois la forme d’un test, c’est que cette forme est la forme de la musique elle-même : les erreurs, dans le cadre du test, ne le sont plus dans celui de la musique comme résultat sonore du processus — il n’y aura pas eu d’erreur sur le plan de la musique. Les auditeurs sont à l’écoute de subjectivités au travail. Exactement : ils sont à l’écoute de la signature sonore d’une confrontation à elles-même de ces subjectivités, au travers de nombres, d’espace, de temps, de secrets, de problèmes instrumentaux et d’une honnêteté (pragmatique) de soi à soi à définir.

Une orchestration de l’espace pour une procession des idées…

Avec Distances ouïes dites, la musique prend directement l’espace à partie : l’architecture, le lieu, l’acoustique… Avec deux directions principales et parfois contradictoires : d’une part ce que l’on pourrait appeler le mixage d’espaces, (ou mixage par l’espace), où les qualités acoustiques et les distances sont prises comme points de départ, et d’autre part l’espace en tant que milieu de propagation réel des idées musicales — espace de transmission. Autrement dit, une tension entre, d’une part ce que l’on pourrait appeler le portrait sonore d’un espace, sa signature, et d’autre part l’espace comme moyen.

Distances ouïes dites a la forme répétée d’une procession des idées au travers de l’espace de l’architecture, parcours à chaque lieu renouvelé, musique selon chaque version à réinventée et à impliquée du lieu selon un processus qui n’est autre que la composition elle-même.

Musicalement, les outils sont : le mode propre et les ondes stationnaires de chaque espace (objectif & subjectif), l’imitation, l’apprentissage en direct, la distance entre les instruments, la distance entre les auditeurs et chaque instrument, le jeu de toutes ces distances entre elles, la qualité acoustique de chaque espace et ce qu’à distance, il reste de cette qualité, le jeu de toutes les réverbérations réelles, l’extrême proximité, les lointains les plus grands … mais aussi la simple propagation du son dans l’espace, d’un instrument à l’autre, d’une salle à l’autre, etc. Faire que la musique dépende de l’agencement de l’espace et de la distribution de l’orchestre dans cet agencement.

1 – Disposer les instrumentistes dans un lieu fait de plusieurs espaces différents : plusieurs salles, couloirs, réserves, étages, etc. Avec comme règle simple d’avoir un instrumentiste (ou un groupe) par espace, et de constituer une chaîne de l’un à l’autre, d’espace en espace.

2 – Placer les auditeurs en un point fixe, le plus près possible les uns des autres, en fonction de la jauge (autrement dit pas de déambulation) et ainsi, pouvoir penser la musique en terme de focale dirigée sur un point d’écoute. Le travail des instrumentistes est alors concentré sur la précision de l’adresse dans l’espace et dans le temps.

Note sur l’adresse : Pour l’instrumentiste, il y a la clarté de l’adresse à l’auditeur, sa justesse en fonction de la distance, mais il y a aussi celle du message envoyé à l’autre musicien, une mélodie à apprendre, une forme à imiter, un son à reproduire tel qu’il l’entend, lui, l’autre, depuis son espace, et non moi depuis le mien. Il y a donc en jeu, dans la musique, la projection mentale de ce que mon son devient une fois à x mètres de là, dans un autre espace que le mien, une autre salle, potentiellement invisible depuis ma position, etc. pour une autre écoute, une autre subjectivité, un autre corps, lui aussi en action.

 

 

Consignes et partition en libre accès au format word :

02-nomenclature-distances-oui%cc%88es-dites

03-partition-distances-oui%cc%88es-dites

Jaquette du disque enregistré par Dedalus :

complet

 

 

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